Beaucoup de cas se terminent par la même consigne : « Que faites-vous ? ». Trois verbes suffisent à tenir toute la réponse : protéger, alerter, secourir. Cette fiche vous donne l'ordre, le contenu de chaque temps, le message d'alerte à recopier, et la liste précise de ce qu'on n'écrit pas.
L'essentiel en 5 puces
Protéger, alerter, secourir, dans cet ordre : on ne prend pas en charge un blessé au milieu d'une voie encore ouverte à la circulation.
Protéger s'écrit en verbes d'action — positionner, baliser, écarter, interdire l'accès — jamais en « je sécurise les lieux ».
Le message d'alerte tient en six informations : où, quoi, combien de victimes et dans quel état, quels risques persistent, ce qui est fait et ce qui est demandé, votre indicatif.
Aucun geste technique n'est attendu de vous : l'article 223-6 du code pénal satisfait l'obligation d'assistance « soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours ».
Terminez toujours par le quatrième temps que beaucoup de copies oublient : préserver les lieux et les traces, recueillir les témoins, noter les heures, rendre compte.
« Que faites-vous ? » n'appelle pas une liste de bonnes intentions, mais une chronologie. Le triptyque protéger, alerter, secourir vous en fournit une immédiatement, sans avoir à chercher un plan. C'est exactement ce que demande la page de conseils de la police nationale : indiquer la chronologie des actions — qui fait quoi, quand, pourquoi, comment — et justifier chaque intervention en recherchant dans le dossier les bases légales qui la permettent.
La notice de l'épreuve est explicite sur la forme : il n'est pas demandé de construire la réponse en partie et sous-partie. Une réponse par question, numérotée, en blocs courts. Depuis septembre 2022, le barème imprimé sur la page de garde répartit 15 points par cas pratique sur trois cas, plus 5 points pour l'orthographe, la syntaxe et la présentation : une chronologie lisible sert donc deux fois.
L'ordre n'est pas décoratif, il est logique. Vous ne prenez pas en charge un blessé sur une chaussée ouverte à la circulation, et vous ne faites pas attendre les secours pendant que vous rassurez. C'est le critère d'urgence de la méthode officielle : ce qui commande l'ordre des actions. Le discernement attendu consiste à tenir compte de la nature des risques et menaces de chaque situation et des délais pour agir, afin de choisir la meilleure réponse légale. Nommez ce critère en une phrase, puis déroulez.
Protéger, c'est empêcher que la situation empire — pour vous d'abord, pour la victime ensuite, pour les tiers enfin. Un policier blessé ne secourt plus personne, et le sur-accident est le risque que la correction guette. Écrivez ce que vous faites de vos mains, pas ce que vous « mettez en place ».
« Je préviens les secours » ne vaut aucun point. Le message se rédige. Six informations, dans cet ordre, tiennent en quatre lignes de copie.
Les numéros utiles : 15 pour le SAMU, 18 pour les sapeurs-pompiers, 112 comme numéro d'urgence européen, 114 pour les personnes sourdes, sourdaveugles, malentendantes ou aphasiques, joignable 24 h/24 par SMS, tchat et visio. Le numéro d'urgence policier, lui, n'a rien à faire dans votre copie : dans la mise en situation, police secours, c'est vous. Vous rendez compte au centre d'information et de commandement et vous demandez des renforts.
L'épreuve ne teste pas le secourisme : la notice officielle rappelle que les cas pratiques ne nécessitent pas de connaissances spécifiques et que les réponses se trouvent dans le dossier documentaire. Ce qui est évalué, ce sont trois aptitudes — le discernement, l'aptitude à évaluer une situation, l'aptitude à formuler des propositions. Une manœuvre technique citée de travers coûte donc plus qu'elle ne rapporte. Ce qui est attendu tient en peu de mots : rester auprès de la victime, lui parler, la rassurer, la couvrir, ne pas la déplacer sauf danger immédiat que vous ne pouvez pas supprimer autrement, transmettre son état aux secours à leur arrivée.
L'article 223-6 du code pénal règle la question : est punissable qui s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter « soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours ». Provoquer les secours satisfait l'obligation — c'est la phrase à écrire quand vous n'êtes pas formé. Le manquement est puni de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, sept ans et 100 000 euros lorsque la personne en péril est un mineur de quinze ans. L'article R. 434-19 du code de la sécurité intérieure ajoute que, lorsque les circonstances le requièrent, le policier intervient de sa propre initiative, avec les moyens dont il dispose, notamment pour porter assistance aux personnes en danger, même lorsqu'il n'est pas en service.
Le triptyque s'arrête à la victime ; votre réponse, non. Ajoutez systématiquement trois lignes : préserver les lieux et les traces en vue des constatations, relever l'identité et les coordonnées des témoins avant qu'ils ne se dispersent, noter les heures, puis rendre compte. Ces points s'appliquent à tous les cas d'action et ils prolongent exactement le rôle que le sujet vous prête : le gardien de la paix que l'on vous demande d'incarner est agent de police judiciaire au sens de l'article 20 du code de procédure pénale — il seconde les officiers de police judiciaire, constate les infractions et reçoit les déclarations des témoins.
Un détail qui se voit : ne recueillez pas les déclarations d'une victime devant les badauds. L'article R. 434-20 du code de la sécurité intérieure impose une attention particulière aux victimes et la qualité de leur prise en charge tout au long de la procédure, et il garantit la confidentialité de leurs propos et déclarations. Écartez la victime du regard du public ou différez le recueil, et dites-le dans la copie.
Les pièges
Le numéro de police secours
Écrire « j'appelle la police » ou composer le numéro d'urgence policier se repère en une seconde : dans le sujet, vous êtes déjà l'équipage engagé. Vous rendez compte à votre salle de commandement et vous demandez des renforts.
Le geste technique de trop
Décrire une manœuvre de secourisme que rien n'appelle vous expose sans rien vous rapporter. Ce qui est évalué, c'est le discernement, la capacité à évaluer la situation et à formuler des propositions — pas votre PSC1.
Déplacer la victime
On ne déplace pas une victime, sauf danger immédiat qu'on ne peut pas supprimer autrement. Écrivez les deux branches : pourquoi vous ne la déplacez pas, ou pourquoi vous devez le faire.
« Je sécurise les lieux »
Verbe creux, aucun point. Remplacez-le par ce que vous faites vraiment : positionner le véhicule, baliser en amont, interdire l'accès, faire reculer les curieux.
À recopier dans votre copie
« « Le critère d'urgence est ici le risque de sur-accident : je protège avant toute autre action. » »
« « Je positionne le véhicule de service en amont, feux de détresse allumés, et mon équipier balise pendant que je me porte auprès de la victime. » »
« « Je transmets le message d'alerte : localisation exacte, nature des faits, une victime consciente, circulation non interrompue, moyens demandés, mon indicatif. » »
« « Je demande l'intervention des secours médicaux : l'article 223-6 du code pénal prévoit que l'assistance due à une personne en péril peut être prêtée soit par l'action personnelle, soit en provoquant un secours. » »
« « Je reste auprès de la victime, je la rassure et je ne la déplace pas, aucun danger immédiat ne l'imposant ; je préserve les lieux, je relève les témoins, je note les heures et je rends compte. » »
Vérifiez que c'est acquis
Dans quel ordre déroulez-vous vos actions dans la copie ?
Vous n'êtes pas formé aux gestes de secours. Que dit l'article 223-6 du code pénal ?
Quel numéro n'a pas sa place dans votre réponse ?
Trois questions ici, quarante par QCM sur la plateforme — essayez gratuitement 7 jours.
Non. Le triptyque protéger, alerter, secourir sert ici d'ossature de rédaction, pas d'examen de secourisme. La notice officielle indique que les cas pratiques ne nécessitent pas de connaissances spécifiques et que les réponses se trouvent dans le dossier documentaire. Ce qui compte, c'est l'ordre des actions et la justification de chacune.
Non, c'est le contresens de rôle le plus visible. Le sujet vous installe dans un équipage, sur les lieux, avec un indicatif radio. Vous rendez compte à votre centre d'information et de commandement, vous demandez des renforts, vous avisez l'officier de police judiciaire.
Six informations : la localisation exacte, la nature des faits, le nombre de victimes et leur état apparent, les risques qui persistent, ce qui est déjà engagé et les moyens demandés, enfin votre indicatif. Cette trame est une méthode de rédaction, pas un formulaire réglementaire : rédigez-la vraiment dans la copie, en quatre lignes.
En principe non : on protège la zone plutôt que de bouger la personne. Le déplacement ne se justifie que face à un danger immédiat impossible à supprimer autrement. Dans les deux cas, écrivez la raison — c'est la justification qui rapporte, pas la décision seule.
Sources officielles
Fiche rédigée à partir des textes en vigueur et des sujets publiés par la police nationale. Elle ne remplace pas la notice officielle de l'épreuve, à lire avant chaque session.
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