Trois des dix sujets dépouillés posaient un document graphique : un croquis d'accident, un croquis de scène de crime, un schéma de contrôle routier. Restituer par écrit ce qu'un dessin montre, c'est un exercice de rédaction, et il se gagne sur une seule ligne de partage : ce que le croquis constate, et ce que vous en supposez.
L'essentiel en 5 puces
Trois documents graphiques sur les dix sujets dépouillés : croquis d'accident avec points fixes (session du 7 mars 2023), croquis de scène de crime (20 février 2024), schéma d'un contrôle routier (23 septembre 2025). Régularité observée, pas une garantie.
On ne vous demande jamais de dessiner : « rédigez en quelques lignes, avec précision, le déroulement des faits » en 2023, « le déroulement des faits tout en insérant vos suppositions » en 2024.
La légende est votre vocabulaire imposé : le mot qu'elle emploie est celui que le correcteur attend dans votre phrase.
Un croquis ne donne ni vitesse, ni intention, ni mobile, ni responsabilité, ni identité de l'auteur. Tout le reste est une supposition, et s'annonce comme telle.
Ce partage vient du droit : l'article 429 du code de procédure pénale ne reconnaît de valeur probante à un procès-verbal que pour ce que son auteur « a vu, entendu ou constaté personnellement ».
La consigne tient en une ligne. Session du 7 mars 2023, procédure de constat d'accident de la circulation : « À partir du croquis mis à votre disposition (et de sa légende), rédigez en quelques lignes, avec précision, le déroulement des faits. » Session du 20 février 2024, scène de crime : « Rédigez, en quelques lignes, le déroulement des faits tout en insérant vos suppositions », à partir des seuls documents de travail établis par le chef de groupe, officier de police judiciaire.
Le dessin n'est donc pas à reproduire : il est votre source. Et il n'appelle pas toujours un récit. Le 23 septembre 2025, un schéma représentait un contrôle routier : un véhicule arrêté sur la chaussée, un véhicule de police, trois fonctionnaires A, B et C — C resté installé au volant du véhicule de police. La question ne demandait aucun déroulement, mais « quels sont les risques qu'encourent A, B et C en se positionnant ainsi ». Lisez la question avant le dessin.
Un croquis se lit comme un texte, mais pas de gauche à droite. Le premier passage ne se saute jamais : sans la légende, les numéros portés sur le dessin ne disent rien.
Mars 2023 ne s'est pas contenté du récit. Le même cas pratique demandait aussi à quoi sert un plan des lieux dans une procédure de constat d'accident, ce que sont les « points fixes » choisis par l'auteur du relevé topographique, à quoi ils servent, et depuis quel point fixe les cotes du véhicule avaient été prises.
Un point fixe est un repère immobile et durable : angle de bâtiment, poteau, borne, mobilier urbain scellé. Les cotes sont les distances mesurées depuis ces repères. La chaussée sera rendue à la circulation et les véhicules enlevés ; les points fixes, eux, restent, et permettent de replacer chaque élément à sa place des mois plus tard, quand plus personne n'a la scène sous les yeux.
Sur une scène de crime, cette exigence de fixité a un support légal. L'article 55 du code de procédure pénale interdit à toute personne non habilitée de modifier l'état des lieux et d'y effectuer des prélèvements avant les premières opérations de l'enquête judiciaire, sauf lorsque la sécurité, la salubrité publique ou les soins à donner aux victimes le commandent.
Le gardien de la paix que le sujet vous demande d'incarner est agent de police judiciaire (article 20 du code de procédure pénale) : il constate les infractions et en dresse procès-verbal. Encore faut-il avoir constaté soi-même. L'article 429 réserve la valeur probante d'un procès-verbal à ce que son auteur « a vu, entendu ou constaté personnellement ». En février 2024, le sujet posait lui-même le problème : « Vous n'avez pas participé aux constatations effectuées au domicile de Monsieur ALPHA. » Devant le croquis, vous ne constatez rien : vous lisez le constat d'un autre, et vous le dites.
D'où quatre mouvements, enchaînés, sans parties ni sous-parties — la notice officielle l'exclut. La consigne dit « en quelques lignes » : une dizaine suffisent, à condition qu'aucune ne soit décorative.
Un croquis n'est pas un dessin muet. Celui de février 2024 portait une adresse, « 32 rue des concours – Xville », et le nom de la victime, Monsieur ALPHA. Ces noms sont ceux du sujet, et ce sont les seuls que votre copie a le droit d'employer. Chaque page de garde le rappelle : un autre nom de commissariat, un autre indicatif radio, un autre patronyme est traité comme un signe distinctif et expose à l'annulation de la copie par le jury national.
Le seul rapport de jury publié, celui de la session de mars 2023, relève 13 copies notées 0/20, « majoritairement pour non respect des consignes sur l'anonymat ». La même page de garde interdit d'utiliser dans la copie le liquide correcteur ou l'effaceur, le stylo à friction, une encre d'une autre couleur, le stylo plume, le crayon de papier et le surligneur. Un stylo bille à encre foncée, la même du début à la fin : c'est tout.
Les pièges
Redessiner le croquis sur la copie
Aucune consigne relevée ne le demande, et le crayon de papier figure sur la liste des instruments interdits dans la copie. Le correcteur a le document sous les yeux : c'est une rédaction qui est notée, pas un dessin.
Renommer ce que la légende a nommé
« Un objet contondant » quand la légende dit « marteau » ; « une arme blanche » quand elle dit « couteau à cran d'arrêt, lame 15 centimètres ». Ce vocabulaire vous est offert, et il est celui du correcteur : reprenez-le mot pour mot.
Affirmer ce que le dessin ne montre pas
Ni la vitesse d'un véhicule, ni l'intention d'une personne, ni la responsabilité de qui que ce soit ne se lisent sur un croquis. Une seule phrase de ce genre transforme une copie précise en copie bavarde.
Raconter le croquis quand on demande autre chose
En septembre 2025, le schéma du contrôle routier appelait une analyse des risques encourus par les trois fonctionnaires, pas un récit des faits. C'est la question qui décide de l'usage du document, jamais le document.
À recopier dans votre copie
« « Le croquis versé au dossier situe [élément] à [position], à proximité immédiate de [repère]. » »
« « Les cotes du véhicule sont prises depuis [point fixe], repère immobile choisi par l'auteur du relevé topographique. » »
« « Ces constatations ont été effectuées par [auteur du document] ; je n'y ai personnellement pas procédé. » »
« « L'enchaînement suivant est le plus vraisemblable au vu des positions relevées sur le croquis ; il s'agit d'une supposition. » »
« « Ces éléments devront être confirmés par le rapport de l'identité judiciaire et par les auditions à venir. » »
Vérifiez que c'est acquis
« À partir du croquis mis à votre disposition (et de sa légende), rédigez en quelques lignes, avec précision, le déroulement des faits. » Que faites-vous ?
Sur un plan des lieux d'accident, à quoi servent les « points fixes » ?
La consigne demande le déroulement des faits « tout en insérant vos suppositions ». Vous…
Trois questions ici, quarante par QCM sur la plateforme — essayez gratuitement 7 jours.
Non. Aucune consigne relevée ne le demande, et la page de garde interdit le crayon de papier dans la copie. Le correcteur a le document sous les yeux : il note votre capacité à le mettre en phrases.
La consigne dit « en quelques lignes ». Une dizaine, en continu, sans parties ni sous-parties : la notice officielle exclut le plan en parties. Une réponse par question, numérotée comme elle.
Seulement annoncé comme une déduction. « Le vitrage brisé et les traces relevées rendent plausible une entrée par la porte-fenêtre » reste fidèle au document ; la même phrase à l'indicatif affirme ce que le croquis ne montre pas. En février 2024, l'hypothèse était demandée — c'est de la présenter comme un constat qui pose problème.
Nommez d'abord la chose, le numéro seul ne fait pas une phrase. Vous pouvez le rappeler entre parenthèses quand plusieurs éléments se ressemblent : « les traces brunâtres (repère 2) ».
Sources officielles
Fiche rédigée à partir des textes en vigueur et des sujets publiés par la police nationale. Elle ne remplace pas la notice officielle de l'épreuve, à lire avant chaque session.
Votre parcours · notion 11 sur 14
Une fois lue, cochez cette notion : le parcours reprendra là où vous en êtes.
Entraînez-vous sur des cas pratiques corrigés par IA, avec une note et un commentaire détaillé sur chacune de vos réponses. 7 jours d'essai gratuit, sans carte bancaire.
Commencer à m'entraîner