Au barème en vigueur depuis septembre 2022, chaque cas pratique vaut 15 points. La dernière question de chaque cas est celle où toutes les copies se ressemblent : elle ne se résout pas en recopiant le dossier, elle demande votre analyse et vos propositions. Cette fiche vous donne une structure en trois temps, un gabarit de proposition et les dispositifs réels que vous pouvez citer sans vous tromper.
L'essentiel en 5 puces
La question d'ouverture est la seule à laquelle le dossier ne donne pas de réponse toute faite : la consigne des sujets vous autorise expressément à mobiliser vos connaissances générales et votre opinion propre.
Trois temps, toujours les mêmes : un constat en deux phrases, trois ou quatre propositions concrètes, une limite ou une condition de réussite.
Une proposition cesse d'être bateau quand elle nomme un acteur, situe l'action, vise un public et annonce un effet attendu.
Deux dispositifs exacts valent mieux que six approximatifs : mieux vaut décrire une action sans la nommer qu'inventer un dispositif qui n'existe pas.
Une correctrice de l'épreuve, commandante de police, prévient sur le site de la police nationale : « Si la réponse est bateau, ne vous attendez pas à avoir la note maximale ! »
Dans les sujets récents, chaque cas se termine par une question qui ne ressemble pas aux précédentes. Celles d'avant portaient sur les faits, sur ce que disent les documents, sur la conduite à tenir : vous alliez chercher. Celle-ci vous demande ce que vous en pensez et ce que vous proposez. Elle porte sur une action de prévention, sur une politique publique locale ou sur votre posture professionnelle.
Vous la reconnaissez à sa tournure : « Comment lutter de manière répressive et préventive contre… ? », « Quelle action peut mener localement la police nationale à titre préventif ? », « Quels dispositifs permettent de protéger les victimes ? », « Quels avantages l'institution peut-elle en tirer ? »
Le dossier peut nourrir votre constat, mais il ne contient pas la réponse toute faite : ne relisez pas les quinze pages en espérant y trouver la phrase. La consigne des sujets vous invite à répondre en vous basant sur les documents fournis dans le dossier professionnel « et/ou en faisant appel à vos connaissances générales et votre opinion propre ». C'est une autorisation de prendre position, pas une politesse.
Un constat en deux phrases, qui rattache le problème général aux faits que vous venez de traiter. Puis trois ou quatre propositions, chacune en deux ou trois lignes. Puis une limite ou une condition de réussite. Ce troisième temps est celui que presque personne n'écrit : c'est lui qui transforme un catalogue en raisonnement, et il montre les trois aptitudes que l'épreuve évalue — discernement, capacité à évaluer une situation, capacité à formuler des propositions.
Chaque proposition tient sur quatre appuis. S'il en manque un, elle redevient bateau.
Question posée : « Quelle action la police nationale peut-elle mener localement, à titre préventif, contre les cambriolages de pavillons ? »
Réponse bateau : « Il faut renforcer la présence policière et sensibiliser la population. La prévention est essentielle et demande plus de moyens. Il faut travailler en partenariat avec tous les acteurs concernés. » Trois phrases, aucun acteur, aucune action, aucun effet. Le correcteur n'a rien de précis à créditer.
Réponse qui prend position : « Les faits se sont produits de jour, dans un quartier pavillonnaire, pendant l'absence des occupants. Je propose de faire connaître l'opération tranquillité vacances avant chaque période de congés scolaires : le service est gratuit, l'inscription se fait en ligne et des passages de patrouille sont organisés autour du domicile signalé pendant l'absence. Je propose de solliciter le référent sûreté pour des conseils de sécurisation des accès. Je propose enfin de porter le sujet au conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, présidé par le maire. Ces actions supposent que les habitants s'y inscrivent : sans relais de quartier, l'information ne descend pas. »
Cinq champs reviennent : prévention de la délinquance, relation police-population, partenariats locaux, accueil du public et des victimes, formation continue. Retenez-en peu, mais justes. Les six suivants suffisent à nourrir n'importe quelle question de prévention.
Quand l'énoncé demande les deux volets, faites deux blocs annoncés, trois propositions de chaque côté. N'en traiter qu'un, c'est renoncer à la moitié de la question avant même de l'avoir écrite.
Le volet répressif s'appuie sur ce que le dossier vous a donné : les faits, leur qualification, le texte cité en annexe, les peines complémentaires quand elles y figurent — la confiscation du véhicule pour les rodéos motorisés, par exemple, infraction prévue par l'article L. 236-1 du code de la route. N'écrivez jamais un quantum de peine de mémoire : ces montants sont relevés régulièrement par le législateur, et une peine fausse vous coûte plus qu'une peine absente. Si le dossier donne le texte, citez-le tel qu'il y figure ; sinon, dites simplement que les faits constituent un délit et laissez la suite au parquet.
Quand la question porte sur votre posture et non sur une politique publique, le schéma tient encore. Nommez le principe : l'article R. 434-10 du code de la sécurité intérieure impose au policier de faire « preuve de discernement » et de tenir compte « en toutes circonstances de la nature des risques et menaces de chaque situation » et des délais dont il dispose, pour choisir « la meilleure réponse légale ».
Les pièges
« Il faut plus de moyens »
L'incantation est la signature de la copie bateau. Votre copie est corrigée par un policier actif, brigadier au minimum : il sait mieux que vous ce qui manque. Ce qu'il note, c'est ce que VOUS proposez de faire avec ce qui existe déjà.
Le dispositif inventé
Un nom approximatif se repère immédiatement et coûte plus cher qu'un silence. Dans le doute, décrivez l'action sans lui donner de nom officiel : « organiser une information des habitants avant les départs en vacances » se comprend et se note.
Un seul volet sur deux
Quand la question dit « répressive et préventive », elle attend deux blocs. Beaucoup de copies ne traitent que la prévention et laissent la moitié de la question sans réponse : le correcteur ne peut créditer que ce qui est écrit.
Le catalogue sans fin
Huit propositions d'une ligne valent moins que trois développées suivies d'une limite. Au-delà de quatre, vous n'argumentez plus, vous listez — et vous prenez le temps d'un autre cas, alors que vous n'avez que deux heures pour les trois.
À recopier dans votre copie
« « Compte tenu des faits que je viens de traiter, je formule les propositions suivantes, à mon niveau et dans le cadre de mes attributions. » »
« « Je propose que le service sollicite le référent sûreté afin qu'il réalise un diagnostic de sûreté au bénéfice des commerçants du secteur. » »
« « Cette action vise les usagers de la ligne de bus aux heures de sortie des classes, avec pour effet attendu de faire baisser les vols signalés sur ce créneau. » »
« « Sur le volet préventif, je formule trois propositions ; sur le volet répressif, je m'appuie sur les textes figurant au dossier. » »
« « Ce partenariat suppose un suivi : sans réunion régulière et sans référent identifié dans chaque service, l'action retombe au bout de deux mois. » »
Vérifiez que c'est acquis
Où se trouve la réponse à la question d'ouverture ?
Quel troisième temps distingue une réponse aboutie d'un simple catalogue ?
Laquelle de ces propositions n'est pas bateau ?
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Non. La notice officielle indique qu'il n'est pas demandé de construire la réponse en partie et sous-partie. Vous répondez question par question, en numérotant. Les trois temps décrits ici sont un ordre de rédaction, pas un plan à annoncer : vous n'écrivez jamais « I. Constat ».
Comptez 15 à 20 lignes : un constat court, trois ou quatre propositions développées en deux ou trois lignes chacune, une limite. Le cadre général vous donne l'ordre de grandeur : deux heures pour trois cas, soit environ trente-cinq minutes par cas, relecture comprise. En dessous de dix lignes, la question paraît bâclée ; au-delà de trente, vous mangez le temps d'un autre cas, qui vaut lui aussi 15 points.
Oui, la consigne du sujet l'autorise explicitement. Mais un avis se défend : dites sur quoi vous vous appuyez et ce qui pourrait le limiter. L'opinion propre attendue est une prise de position argumentée, pas une humeur.
Décrivez l'action sans lui donner de nom officiel, et nommez à la place les acteurs que vous mobilisez : mairie, police municipale, bailleur, établissement scolaire, transporteur, association d'aide aux victimes. L'épreuve ne suppose aucune connaissance spécifique : une action concrète sans étiquette vaut mieux qu'une étiquette fausse.
Sources officielles
Fiche rédigée à partir des textes en vigueur et des sujets publiés par la police nationale. Elle ne remplace pas la notice officielle de l'épreuve, à lire avant chaque session.
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