Le ministère publie deux documents que peu de candidats ouvrent : une notice de présentation de l'épreuve, et une page de conseils qui donne quatre questions à se poser devant chaque cas. La notice contient une phrase que la plupart des méthodes du marché contredisent : il n'est pas demandé de construire la réponse en partie et sous partie. Cette fiche vous donne la méthode telle qu'elle est écrite, et un minutage des deux heures que vous pouvez réellement tenir le jour J.
L'essentiel en 5 puces
Les quatre questions officielles, dans l'ordre : quelle est la situation, quel est le critère d'urgence, qu'est-ce que je priorise comme action ou décision, quelles pièces du dossier puis-je exploiter.
Pas de plan en I/II, pas d'introduction, pas de conclusion : la notice ministérielle écrit qu'il n'est pas demandé de construire la réponse en partie et sous partie.
La numérotation est la seule structure imposée — « cas pratique n° 1 », puis « question n° 1 » avant chaque réponse — et la page de garde autorise expressément de traiter les cas dans le désordre.
Deux heures et un barème sur 50 points : 15 points par cas pratique, 5 points d'orthographe, de syntaxe et de présentation, le tout ramené sur 20. Un cas laissé blanc, ce sont 6 points sur 20 perdus d'avance, pour une note éliminatoire en dessous de 5.
Un minutage tenable : 10 minutes de lecture, 30 minutes par cas, 10 minutes de relecture, 10 minutes de marge, avec un contrôle de l'heure après chaque cas et jamais entre deux questions.
Ces quatre questions ne sortent pas d'une prépa : elles figurent telles quelles sur le site de la police nationale, sous le titre « Comment vous préparer et réussir cette épreuve ? ». Posez-les au brouillon, dans l'ordre, pour chacun des trois cas. Elles produisent mécaniquement les trois aptitudes que la notice dit évaluer : vos capacités de discernement, votre aptitude à évaluer une situation, votre aptitude à formuler des propositions.
La deuxième est celle que les copies sautent. Le critère d'urgence n'est pas un ornement de style : c'est lui qui commande l'ordre de vos actions. Sans lui, vous produisez une liste de mesures juxtaposées ; avec lui, une réponse hiérarchisée — et hiérarchiser est exactement ce que la notice appelle « prioriser les actions nécessaires ».
La notice officielle contient une phrase que beaucoup de méthodes contredisent : « Il n'est pas demandé de construire la réponse en partie et sous partie. » Pas de I/II, pas de A/B, pas d'introduction avec accroche et annonce de plan, pas de conclusion. L'épreuve consiste en des mises en situation « guidées par des questions » : le sujet a déjà fait le plan à votre place.
La seule structure imposée est imprimée sur la page de garde : faire apparaître le numéro du cas pratique traité, puis le numéro de la question, avant chaque réponse. Aux sessions du 23 septembre 2025 et du 3 mars 2026, la consigne est identique au mot près. La même page de garde impose aussi un seul stylo à bille à encre bleue ou noire pour toute la copie, et interdit surligneur, encre d'une autre couleur, crayon de papier, stylo effaçable et correcteur — y compris pour souligner un titre. Bâtir un plan, lui, vous fait perdre du temps et éparpille dans deux parties ce que le correcteur cherche sous un numéro.
Le sujet est noté sur 50 points : 15 points par cas pratique, plus 5 points pour l'orthographe, la syntaxe et la présentation de la copie, le tout ramené sur 20. Un cas non traité, ce sont 15 points sur 50 perdus d'avance, soit 6 points sur 20 — alors que toute note inférieure à 5/20 est éliminatoire. Le risque est chiffré : au bilan des épreuves écrites de la session de mars 2023, 5,52 % des candidats ont été éliminés par une note inférieure à 5/20, seuil qui, à l'écrit, ne s'applique qu'au cas pratique.
Le découpage ci-dessous est une méthode, pas une consigne officielle. Il tient parce que les deux sujets les plus récents comportent chacun trois cas et une dizaine de questions au total : dix à la session du 23 septembre 2025, onze à celle du 3 mars 2026. Cela vous laisse sept à dix minutes par réponse. Contrôlez l'heure après chaque cas, jamais entre deux questions : vous perdriez le fil pour rien.
Le ministère conseille de proposer des solutions « opérationnelles, réalistes, adaptées, circonstanciées et argumentées », et dit ce qu'il attend de vos explications : « qu'est-ce que vous allez faire ? pourquoi ? comment ? » Il ajoute d'utiliser les articles de loi du dossier documentaire. Appliquez la même trame en quatre temps à chaque question. Elle est mécanique, donc rapide, et elle rend visible chaque idée que le correcteur doit compter.
Ajustez la longueur à la question, pas à une norme. Dans les sujets récents, certaines questions appellent une réponse factuelle de deux ou trois lignes — le sens d'un sigle, un numéro national d'écoute, le service saisi après une intervention. D'autres commencent par « Déroulez et justifiez les opérations que vous allez mener » et attendent une chronologie complète, en plusieurs paragraphes. Répondez à la question posée et à rien d'autre : le récit avance entre les questions, souvent par paliers, et traiter la question 3 dans la question 1 vous fait perdre deux fois.
Les pièges
Le plan en deux parties
C'est la contre-vérité la plus répandue du marché. La notice ministérielle écrit noir sur blanc qu'il n'est pas demandé de construire la réponse en partie et sous partie. Vingt minutes perdues à bâtir un I/II, et des réponses que le correcteur ne retrouve plus sous leur numéro.
Le critère d'urgence sauté
Les copies passent de la situation à l'action sans jamais dire ce qui presse. Résultat : des mesures toutes correctes, aucune hiérarchisée. Nommez l'urgence en une phrase avant d'agir — elle justifie ensuite tout votre ordre d'actions.
Le signe distinctif qui annule la copie
La page de garde traite comme signe distinctif tout nom de personne, nom de commissariat, indicatif radio, grade ou fonction que le sujet n'a pas écrits lui-même. Reprenez strictement les noms de l'énoncé et écrivez « ma hiérarchie » plutôt qu'un grade inventé. À la session de mars 2023, 13 copies ont été notées 0/20, majoritairement pour non-respect des consignes sur l'anonymat.
Le troisième cas bâclé
Trente minutes par cas, pas quarante. Un cas expédié parce que le premier a été soigné à l'excès coûte plus cher que trois cas honnêtes : chaque cas vaut 15 points, que son sujet vous plaise ou non.
À recopier dans votre copie
« « Cas pratique n° 2 — Question n° 1 » (à écrire avant chaque réponse, du même stylo que le reste de la copie) »
« « L'urgence tient ici à [le danger immédiat / le délai / la vulnérabilité de la personne]. Je traite donc en priorité […], avant […]. » »
« « Ce que je constate : […]. Ce que je fais, dans l'ordre : premièrement […], deuxièmement […], troisièmement […]. » »
« « Le document n° 3 du dossier prévoit que […]. Appliqué à la présente situation, cela signifie que […]. » »
« « Je rends compte de ces éléments à ma hiérarchie et j'en conserve la trace écrite. » »
Vérifiez que c'est acquis
La notice officielle du ministère demande-t-elle un plan en parties et sous-parties ?
Comment le sujet est-il noté ?
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Non. La notice du ministère écrit qu'il n'est pas demandé de construire la réponse en partie et sous partie. Vous répondez question par question, en numérotant chaque réponse. Les méthodes qui enseignent une note structurée en I/II vous font perdre du temps et brouillent une copie que le correcteur lit dans l'ordre des questions.
Sur les deux heures : environ 10 minutes de lecture, 30 minutes par cas, 10 minutes de relecture et 10 minutes de marge. Les deux sujets les plus récents comptent une dizaine de questions au total, soit sept à dix minutes par réponse. Ce découpage est une méthode et non une consigne officielle, mais « gérer le temps imparti » figure bien dans la liste des capacités vérifiées par la notice.
Oui, la page de garde du sujet le dit expressément. La seule obligation est de faire apparaître le numéro du cas traité et le numéro de la question avant chaque réponse. Commencer par le cas qui vous inspire le plus sécurise 15 points avant la fatigue.
La longueur suit le verbe de la question, pas une norme fixe. Une question qui demande un sigle, un numéro d'appel ou l'identité d'un service se traite en deux ou trois lignes : rallonger ne rapporte rien. Une question qui commence par « Déroulez et justifiez les opérations que vous allez mener » appelle une chronologie détaillée, en plusieurs paragraphes courts plutôt qu'en un bloc compact.
Sources officielles
Fiche rédigée à partir des textes en vigueur et des sujets publiés par la police nationale. Elle ne remplace pas la notice officielle de l'épreuve, à lire avant chaque session.
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