Quinze pages au maximum, deux heures : le dossier documentaire n'est pas un décor, c'est la source de la plupart des réponses attendues. Le ministère l'écrit lui-même — l'épreuve ne demande pas de connaissances policières préalables, les réponses sont dans le dossier. Cette fiche vous donne un ordre de lecture, une typologie des documents, une technique de renvoi qui se voit dans la copie, et la règle qui sépare ce qu'un document graphique prouve de ce qu'il suggère.
L'essentiel en 5 puces
Le plafond de 15 pages fixé par l'arrêté du 8 mars 2022 porte sur le dossier documentaire seul : en deux heures, il se lit intégralement, la lecture en diagonale n'est pas une stratégie.
Lisez les questions de tous les cas AVANT le dossier : c'est la seule façon de savoir ce que vous cherchez dans les pages.
Rattachez chaque réponse à sa source — « le document n° 3 précise que… » — puis appliquez immédiatement aux faits du cas : recopier un article sans l'appliquer ne rapporte rien.
Un croquis, un plan, un graphique ne montrent que des positions et des quantités : ni vitesse, ni intention, ni responsabilité. Tout ce qui n'y figure pas est une hypothèse et s'écrit comme telle.
Une partie des réponses n'est volontairement pas dans le dossier : le sujet vous autorise expressément à répondre à partir de vos connaissances générales et de votre opinion propre.
Le texte qui organise l'épreuve pose un plafond, pas un format. L'arrêté prévoit « une première épreuve consistant à partir d'un dossier ne pouvant excéder 15 pages, en une résolution d'un ou plusieurs cas pratiques consistant en des mises en situation guidées par des questions », d'une durée de deux heures, coefficient 4 au concours externe et 5 aux concours internes. Le plafond vise le dossier documentaire professionnel : la page de garde, les consignes et les énoncés des cas s'ajoutent à ces quinze pages. Et rien ne garantit que le dossier les atteigne.
Quinze pages en deux heures se lisent entièrement. Ce qui coûte du temps, ce n'est pas la lecture, c'est la relecture — et on relit quand on a lu sans savoir ce qu'on cherchait. D'où l'ordre suivant, à appliquer sans réfléchir le jour J.
Le ministère annonce lui-même la composition possible du dossier : articles de presse, graphiques et données chiffrées, jurisprudence, extraits de lois, décrets, arrêtés, circulaires, notes internes. Il ajoute que l'épreuve ne nécessite pas de connaissances policières préalables et que les réponses se trouvent dans le dossier. Chaque famille se lit avec une question différente en tête.
Les graphiques et les données chiffrées figurent explicitement parmi les documents que le ministère annonce ; un plan ou un croquis relève de la même famille et se lit de la même manière. La légende d'abord — un croquis sans sa légende, un graphique sans son unité et sa période ne veulent rien dire. Puis l'orientation et l'échelle, ou l'axe et la source. Puis les positions et les sens de circulation, ou les valeurs. Vous reconstituez enfin une chronologie : où se trouvait chacun avant, pendant, après ; ou ce qui monte, ce qui baisse, sur quelle durée.
La règle qui rapporte des points tient en une phrase : un document graphique ne montre que ce qu'il représente. Il ne montre ni vitesse, ni intention, ni responsabilité, ni cause. Tout ce que vous en déduisez est une hypothèse, et une hypothèse s'écrit comme telle, avec ce qui permettrait de la confirmer.
La règle de couleur porte sur votre copie : seul le stylo à bille bleu ou noir y est admis. Le dossier, lui, est à vous : vous pouvez l'annoter, et la police nationale conseille d'ailleurs d'emporter de quoi écrire et une montre. Ne bâtissez pas votre méthode sur un surligneur — sa tolérance n'est indiquée nulle part et votre convocation fait foi. La technique qui suit ne demande que votre stylo.
Numérotez dans la marge chaque document qui ne l'est pas. Puis, en face de chaque question, inscrivez les numéros des documents qui la fondent. Vous obtenez une table question → documents avant même de commencer à rédiger. Deux minutes investies, trois relectures du dossier évitées.
Dans la copie, une réponse par question, numérotée : la notice précise qu'il n'est pas demandé de construire la réponse en partie et sous-partie. Le renvoi au document est explicite, court, et toujours suivi de l'application aux faits. Une réponse juste mais non rattachée à sa source vaut moins qu'une réponse juste qui cite le document. L'inverse est vrai aussi : recopier le document sans l'appliquer ne vaut rien, le correcteur a le dossier sous les yeux. Et gardez à l'esprit les 5 points de forme : à la session du 7 mars 2023, le président du jury relevait que « l'orthographe et la syntaxe sont souvent approximatives », et 13 copies ont reçu 0/20, majoritairement pour non-respect des consignes d'anonymat.
Le sujet vous demande de répondre en vous appuyant sur les documents du dossier professionnel et/ou en faisant appel à vos connaissances générales et à votre opinion propre. Cette seconde branche n'est pas un piège : elle est explicitement autorisée, et certaines questions ne peuvent pas être traitées autrement. Sont rarement fournis : les numéros d'urgence et lignes d'écoute, les partenaires à mobiliser, les propositions attendues aux questions d'ouverture, et la logique d'action elle-même — protéger avant de secourir, rendre compte à la fin.
Les textes utiles, en revanche, sont en principe dans le dossier : c'est tout le sens de la consigne officielle selon laquelle l'épreuve ne demande pas de connaissances spécifiques. Conséquence directe : ne citez jamais de mémoire un numéro d'article dont vous n'êtes pas certain. Nommez le principe en français et renvoyez au document. « Le principe de discernement, rappelé au document n° 4 » vaut mieux qu'un numéro faux. Ce principe existe bien : l'article R. 434-10 du code de la sécurité intérieure dispose que le policier « fait, dans l'exercice de ses fonctions, preuve de discernement » et qu'il tient compte de la nature des risques et menaces de chaque situation et des délais qu'il a pour agir, pour choisir la meilleure réponse légale. C'est la traduction juridique de la première des trois aptitudes évaluées.
Dernier repère utile : le gardien de la paix que le sujet vous demande d'incarner est agent de police judiciaire au sens de l'article 20 du code de procédure pénale. À ce titre il seconde l'officier de police judiciaire, constate les crimes, délits et contraventions, en dresse procès-verbal et reçoit par procès-verbal les déclarations qui lui sont faites. Le même article précise que les agents de police judiciaire n'ont pas qualité pour décider des mesures de garde à vue. Cette limite n'est pas toujours dans le dossier, et elle évite de proposer une décision que le personnage ne peut pas prendre.
Les pièges
Lire le dossier avant les questions
Vous parcourez quinze pages sans savoir ce que vous cherchez, puis vous les reprenez question par question. C'est vingt minutes perdues sur cent vingt, et le dernier cas en fait les frais.
Recopier l'article au lieu de l'appliquer
Le correcteur a le dossier sous les yeux. Ce qui se note, c'est la condition posée par le texte confrontée aux faits du cas : « le texte exige X ; en l'espèce, Y ; donc… »
Faire parler un document graphique
Vitesse, intention, responsabilité, cause ne se lisent sur aucun plan ni aucune courbe. Écrivez ce que le document montre, puis annoncez votre hypothèse comme une hypothèse.
Citer un numéro d'article de mémoire
Un numéro faux abîme une réponse par ailleurs juste. Le principe nommé en français, avec renvoi au document du dossier, ne coûte aucun point.
À recopier dans votre copie
« « Le document n° 3, extrait du code de procédure pénale, subordonne cette mesure à [condition]. En l'espèce, [fait du cas] : la condition est remplie. » »
« « Le croquis (document n° 5) situe le véhicule A à cheval sur la ligne médiane ; il ne renseigne ni la vitesse, ni l'intention des conducteurs. » »
« « Cette hypothèse devra être confirmée par les constatations sur place et l'audition des témoins. » »
« « La note reproduite au document n° 2 prévoit d'informer le poste de commandement : je rends compte sans délai. » »
« « Le dossier n'apporte pas d'élément sur ce point : je réponds à partir de mes connaissances générales. » »
Vérifiez que c'est acquis
Le plafond de 15 pages fixé par l'arrêté du 8 mars 2022 porte sur :
Sur un croquis d'accident, vous pouvez affirmer dans votre copie :
Une question dont la réponse ne figure nulle part dans le dossier. Que faites-vous ?
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Tout, et une seule fois. Le dossier ne peut pas dépasser quinze pages : c'est lisible intégralement en deux heures. La lecture sélective vous fait passer à côté du document qui fonde la dernière question d'un cas, souvent une note interne ou un article de presse qu'on croit décoratif.
Sur la copie, seul le stylo à bille bleu ou noir est admis. Le dossier documentaire, lui, s'annote : numérotez les documents dans la marge et notez, en face de chaque question, les numéros de ceux qui la fondent. Ne comptez pas sur un surligneur, sa tolérance n'est indiquée nulle part — votre convocation fait foi, lisez-la. Prenez cette habitude de balisage au stylo dès l'entraînement.
Oui quand le dossier les fournit : c'est même attendu, puisque l'épreuve est conçue pour que les réponses se trouvent dans les documents. Jamais de mémoire. Un numéro inexact décrédibilise une réponse par ailleurs juste, alors que « le principe de discernement, rappelé au document n° 4 » est toujours exact et toujours valorisé.
Le dire. Une divergence entre un croquis et un témoignage, ou entre deux déclarations, n'est pas une erreur du sujet : c'est un point d'analyse. Signalez la contradiction, indiquez ce qui permettrait de la lever (constatations, auditions, autres pièces du dossier) et continuez.
Sources officielles
Fiche rédigée à partir des textes en vigueur et des sujets publiés par la police nationale. Elle ne remplace pas la notice officielle de l'épreuve, à lire avant chaque session.
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